Sextos, toxiques messages

Écrit par Ricardo D. Publié dans Le sexe vraiment nu

 

Il t’est peut-être arrivé d’entendre parler ou de voir des amis se marrer en voyant une vidéo un peu « hot » envoyée sur un téléphone. Mis à part le fait que ça peut faire rire, sais-tu de quoi il est réellement question ?

Il s’agit du « sexting » ou des « sextos ». Ce sont des mots anglais formés à partir de sexe et texting. Il s’agit d’envoyer électroniquement des messages ou des photos, à caractère sexuel.

 

Et en vrai, ça se passe comment ?

Souvent, c’est pris comme un jeu pimenté. Un garçon va, par exemple, proposer à sa petite amie de se déshabiller, et ceci devant une caméra, un téléphone. Ou bien, une fille pourrait avoir envie de se montrer aux autres, sous un autre jour... Du coup, elle prend des photos d’elle un peu « osées ». Sauf qu’il n’est pas rare que cela tourne mal et que la vidéo soit transférée à d’autres, voire utilisée comme chantage. Il est possible d’utiliser le film en disant « ah mais si tu ne fais pas ce que je te demande, je l’envoie à tout le monde ! » Le problème, c’est que certains vont au bout de ce qu’ils disent et diffusent la vidéo. Dans certains collèges ou lycées c’est arrivé.

 

Que dit la loi ?

La loi (voir ci dessous) protège les victimes à condition qu’elles portent plainte. Mais si la victime a été consentante pour la prise de photo/vidéo, au départ, cela peut compliquer la procédure et la protection juridique n’est pas toujours évidente. Cet article de loi mentionné n’entre en vigueur que si la victime n’est pas consentante.

 

Tu as eu sous les yeux une telle vidéo, ou tu en as entendu parler. Que faire ?

Si tu as toi-même vu une telle vidéo, il se peut que tu aies été choqué(e). Je l’espère (ça révèlera que ton regard et ta conscience sont normaux). Dans ce cas, la première chose à faire, c’est d’en parler. D’abord à un ami, des proches, un adulte de confiance. Les images, dans le sexting, peuvent être violentes, car tu n’es pas prêt(e) pour regarder l’intimité d’autrui, c’est personnel. En parler te permettra de mettre des mots sur ce que tu as vu. Comme pour tout choc, il est capital de faire sortir le traumatisme par la parole plutôt que de l’enfermer à vie par le silence. Tu peux parler des images, de ce que tu as ressenti, ce qui t’a choqué(e), ce qui t’a blessé(e) peut-être aussi. Parles-en dans la prière, de la même manière, à Celui qui t’est le plus proche : Christ. Comme je viens de le dire, c’est passible d’être puni par la loi, aussi faut-il immédiatement en parler aux responsables de ton établissement. Si tu crains de dénoncer tes camarades, tu peux le faire discrètement, par le biais d’un adulte.

 

Que peut faire la victime ?

On peut appeler Net Écoute Famille au 0820 200 000 du lundi au vendredi de 9h à 18h. C’est une ligne téléphonique où l’on peut poser des questions sur tout ce qui touche à Internet, aux jeux vidéo, téléphones… Je conseille aussi d’en parler à un adulte de confiance, et de porter plainte si besoin au commissariat le plus proche de chez soi.

 

Quelles sont les conséquences ?

Les conséquences sur la victime peuvent être extrêmement graves, puisque certains en viennent au suicide ! Voir des photos/vidéos de soi, dans une situation intime, est très gênant, et a pour conséquence une grande honte. La honte provoque un sentiment de culpabilité, de crainte. Que vont dire les autres, que vont-ils penser ? Quelle image auront-ils de moi ? Lorsqu’on est adolescent, il est important de garder une bonne image aux yeux des autres. La honte peut aussi provoquer de la colère et de l’incompréhension. Il se peut que ces vidéos soient envoyées aussi par esprit de vengeance, mais dans ce cas, a-t-on tout essayé pour résoudre le conflit autrement ?

 

Qu’en dit la Bible ?

Si l’on se base sur la Bible, le sexting, c’est de l’impudicité, puisqu’il s’agit d’exposer son corps de façon publique. Or, la Bible nous exhorte à réserver la sexualité uniquement au cadre précis du mariage officiel d’un homme et d’une femme. Nous en avons déjà parlé dans un précédent numéro de Ta Jeunesse. De plus, qu’en est-il du respect porté à l’autre, ou de l’amour, lorsqu’on diffuse contre son gré des images de son intimité ou qu’on s’en délecte ? Nous sommes tous des êtres précieux aux yeux de Dieu, chacun avec nos différences. Nos corps sont précieux et nous avons la responsabilité d’en prendre soin. Il en est de même pour l’autre (la Bible l’appelle : notre « prochain »). C’est pourquoi quelqu’un qui marche avec le Seigneur ne saurait agir de la sorte. Voici une phrase courte que tu peux retenir et qui devrait t’aider : « Je ne suis pas responsable de mes sentiments, mais je suis responsable de mes actes. »

 

Texte de la loi française En général c’est l’article 226-1 du code pénal qui est pris en compte : « Est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait, au moyen d’un procédé quelconque, volontairement, de porter atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui : 1° En captant, enregistrant ou transmettant, sans le consentement de leur auteur, des paroles prononcées à titre privé ou confidentiel ; 2° En fixant, enregistrant ou transmettant, sans le consentement de celle-ci, l’image d’une personne se trouvant dans un lieu privé. Lorsque les actes mentionnés au présent article ont été accomplis au vu et au su des intéressés sans qu’ils s’y soient opposés, alors qu’ils étaient en mesure de le faire, le consentement de ceux-ci est présumé. »   
 
FaLang translation system by Faboba