Livre

Principes de base pour trouver la volonté de Dieu (1)

Écrit par Franck et Cripo. Publié dans Livre

Peux-tu réellement connaître la volonté de Dieu ?

La réponse à cette question est fondamentale. Elle va orienter et influencer ta vision de la vie. Ta relation avec Dieu. Ta manière de communiquer avec Dieu et de choisir au quotidien et dans les grandes étapes de ta vie.

Chaque parcelle de ta vie devrait être guidée et orientée par la pensée de Dieu. Pratiquement, est-ce possible ? Existe-t-il différents degrés dans la volonté de Dieu ? La volonté de Dieu est-elle un fil sur lequel tu dois impérativement marcher ou existe-t-il une certaine latitude ? 

Comment te faire une idée juste ? Il y a tellement de conceptions différentes !

 

 

Un Père qui joue à cache-cache… !

Certains imaginent Dieu comme un père qui cache des œufs de Pâques dans un jardin ! Comme si Dieu regardait de loin nos recherches en nous disant :« tiède, chaud, brûlant, tu refroidis ».

 

Un rabat-joie…

Un jeune athlète n’était pas certain de vouloir être chrétien. Il avait peur de ce que Dieu allait exiger de lui. Il pensait que Dieu voulait prendre les gens robustes, leur briser les jambes et en faire des joueurs de flûte. 

 

Un aiguilleur du ciel… !

Tu cours dans la rue. Tu glisses sur une peau de banane, et atterris sur une carte de l’Inde ! Immédiatement après, tu dis au Seigneur : « Merci pour cet atterrissage significatif, j’ai compris, je dois aller en Inde ! » Que ce serait-il passé si tu étais tombé sur un papier d'emballage de « Mars » ?

 

Une vision, un rêve… !

Tu entends une voix douce qui semble venir du ciel. Ou bien, une vision dans tes rêves qui te suggère d’aller au Chili. Tu te dis : « Seigneur, je te remercie pour cette confirmation » La soirée suivante, tu regardes « Out of Africa » et comme par hasard, tu te mets à rêver d’Afrique ! Que penser de ton appel pour le Chili ? Où devrais-tu finalement aller ?

Quelle embarras ! Dans toute cette confusion, peux-tu réellement trouver la volonté de Dieu ? Découvre cinq principes de base pour démystifier notre vision de la volonté de Dieu. Dans ce premier dossier, tu en découvriras 3. Les 2 autres te seront présentés dans le prochain numéro.

 

 

TOUT COMMENCE PAR LA NECESSITE D'UN SAUVETAGE

Depuis la création de l’humanité, Dieu n’a cessé de communiquer Son amour et Sa volonté à ses enfants. Tes parents - Adam et Eve - avaient une parfaite connaissance de la volonté de Dieu. Le problème est qu’ils ont choisi délibérément d’y désobéir. 

Dieu avait dit à Adam : « tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (Genèse 2/ 171). Le problème est qu’il en a mangé. A cet instant, et à cause de sa désobéissance (péché), l’homme a perdu la relation qu’il avait avec son créateur.

Comme Dieu était parfaitement juste, il a fait ce qu’il avait promis en Genèse 2/ 17. Aujourd’hui tu vois l’ampleur de ce jugement. La mort atteint ou atteindra tous les hommes de la planète. C’est une certitude ! Le jugement que Dieu a établi sur un homme (Adam) s’est étendu à tous les hommes. 

L’apôtre Paul nous dit qu' « il n’y a pas de juste sur cette terre, pas même un seul » (Romains 3/ 10). Plus loin, il dit encore « que tous les hommes ont péché et sont privés de la Gloire de Dieu » (Romains 3/ 23). Résultat :« le salaire du péché c’est la mort » (Romains 6/ 23). 

Or la mort physique n’est qu’une manifestation du juste jugement de Dieu pour le péché. Elle marque la fin d’une existence terrestre mais aussi le début d’une existence céleste. Après cette vie, la Bible offre deux alternatives : 

  • soit une éternité dans la présence de Christ (le Paradis) réservée à ses enfants;
  • soit une éternité loin de Lui (l’Enfer) réservée à tous ceux qui l’auront renié ici-bas. 

Jésus a dit : « Quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 10/ 33) 

Or l’auteur du livre aux Hébreux nous apprend « qu’il est donné à l’homme de mourir une seule fois après quoi vient le jugement » (Hébreux 9/ 27). 

Autrement dit, il n'est pas possible de choisir après cette vie. Ta seule chance d’échapper au jugement de Dieu se trouve pendant ta vie terrestre. Après, il sera trop tard !

 

La Bible t'apprend que Dieu n’est ni un « papa gâteau » ni un « bon Dieu » prêt à tout pardonner. En fait, elle te dit que Dieu est Saint et qu’il a horreur du mal2. Cette sainteté s’exprime par une séparation absolue du mal, comme par exemple le mensonge, l’égoïsme, les mauvaises pensées, etc. 

Si tu veux jouir de la présence de Dieu il te faut être saint, sans péché. C’est l’exigence de Dieu ! Impossible, non ? Ceci t'amène à constater que personne sur cette terre ne peut jouir de la présence de Dieu sans son intervention. 

 

La bonne nouvelle est que dans son amour, Dieu est intervenu : « Voici comment l'amour de Dieu a été manifesté envers nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par lui. » (1 Jean 4/ 9).  « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Timothée 2/ 4 ). « Dieu use de patience envers nous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance. » (2 Pierre 3/ 9).

Dieu use de patience envers les hommes. Il ne veut pas qu’un seul homme périsse, c’est-à-dire qu’il passe l’éternité loin de lui, dans la Géhenne (un lieu de tourment continu)3

Son désir le plus cher est de vivre l’éternité avec tous les hommes, dans le Paradis (un lieu de bonheur parfait où il n’y aura plus de pleur, de larme, de deuil ni de douleur causés par le mal4). C'est une facette de la volonté de Dieu. 

 

 

SAUVE COMMENT ?

 « C'est par la grâce en effet que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu.  Ce n'est point par les œuvres5, afin que personne ne se glorifie. » ( Ephésiens 2/ 8 à 9 )

Peux-tu être sauvé en faisant le bien ? En allant à l’église tous les dimanches ? En priant et en lisant la Bible chaque matin ? NON. 

Sinon tu pourrais t'en vanter (regarde le verset ci-dessus). De plus ce serait injuste. Certains par leur éducation ou leur environnement moral pourraient l´être et pas d’autres !

Dans notre texte, tu vois que le salut s’obtient par la grâce qui est un don, un cadeau de Dieu, par le moyen de la foi. La foi qui sauve consiste à croire personnellement que Jésus est mort pour te réconcilier avec Dieu.

Par conséquent, personne ne peut le mériter ni l’acheter. Il est offert gratuitement. Vouloir l’acheter serait inutile. 

 

Le premier indice pour trouver la volonté de Dieu : 

c’est d’être sauvé.

"Dieu veut que tous les hommes soient sauvés"  1 Timothée 2/ 4

 

 

CELA CONTINUE EN ETANT REMPLI DE L'ESPRIT DE DIEU

Le deuxième indice tu le trouves dans l’épître aux Ephésiens :

« Veillez donc avec soin sur votre conduite, non comme des fous, mais comme des sages ;  rachetez le temps, car les jours sont mauvais.  C'est pourquoi ne soyez pas sans intelligence, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur.  Ne vous enivrez pas de vin : c'est de la débauche. Mais soyez remplis de l'Esprit :  entretenez-vous par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels ; chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur » (Ephésiens 5/ 15 à 19)  

 

Ces versets soulignent quatre impératifs concernant le Saint-Esprit.

"Soyez remplis de l’Esprit"  (Ephésiens 5/ 18) Etre rempli du Saint-Esprit signifie être gouverné, dirigé par le Saint-Esprit. Littéralement « laissez- vous continuellement remplir par le Saint-Esprit »

Paul compare l’image du vin qui enivre et qui dirige (influence) la personne quand elle est ivre. De même, le Saint-Esprit agit en toi qui crois en Christ pour te gouverner. Il peut le faire dans la mesure où tu lui laisses la liberté de le faire, car le Saint-Esprit ne viole pas ta volonté. C’est donc notre responsabilité d’être ou de ne pas être rempli du Saint-Esprit.

Les versets qui suivent montrent 3 caractéristiques d’une vie remplie de l’Esprit : 

  • la louange (verset 19),
  • la reconnaissance (verset 20) et
  • la soumission les uns aux autres (verset 21).

Ces spécificités sont le fruit d’une intelligence renouvelée par la prière, la communion entre ceux qui sont sauvés, la lecture et la mise en pratique de la Parole de Dieu (Actes 2/ 42).

Suivent 3 impératifs présents, ce qui implique une action continue dans ta vie :

 

"N’attristez pas le Saint-Esprit"  (Ephésiens 4/ 30). Tu l’attristes en manifestant le péché dans tes paroles, actes et motivations (pensées).

 

"N’éteignez pas l’Esprit"  (1 Thessaloniciens. 5/ 19). Tu peux l'éteindre en persévérant dans le péché ou dans une voie que tu sais non conforme à la volonté morale de Dieu.

 

"Marchez par l’Esprit"  (Galates 5/ 16). Tu marches par l’Esprit quand tu lui fais confiance en toute chose (la foi) et que cela produit des actions comparables à Galates 5/ 22.

 

Etre remplis de l'Esprit de Dieu, c'est-à-dire la plénitude de l’Esprit :

ça dépend de ton amour pour Dieu et de ta volonté d’obéir;

ça se montre surtout par la qualité du contrôle de Dieu dans ta vie. Un homme rempli de l’Esprit abondera en œuvres bonnes (Galates 5/ 22).

La plénitude de l’Esprit ne dépend pas :

  • de ton âge
  • de la date de ta conversion
  • de la place que tu occupes dans l’église

 

Le deuxième indice pour trouver la volonté de Dieu : 

c’est d’être rempli du Saint-Esprit. 

« …soyez continuellement remplis de l’Esprit » Ephésiens 5/ 18  

 

 

RECHERCHE UNE VIE SAINE, SAINTE ET EQUILIBREE 

Le troisième indice se trouve dans la première épître aux Thessaloniciens :

 « Ce que Dieu veut, c'est votre sanctification ; c'est que vous vous absteniez de la débauche ; c'est que chacun de vous sache posséder son corps dans la sainteté et l'honnêteté,  sans vous livrer à une convoitise passionnée, comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu ;  c'est que personne n'use envers son frère de fraude et de cupidité dans les affaires, parce que le Seigneur tire vengeance de toutes ces choses, comme nous vous l'avons déjà dit et attesté. Car Dieu ne nous a pas appelés à l'impureté, mais à la sanctification. » (1 Thessaloniciens 4/ 3 à 7) 

 "Abstenez-vous de la débauche" (1 Thessaloniciens 4/ 3)

Que signifie le terme « débauche » ? 

En grec, porneia, dans lequel le mot pornographie trouve son origine, signifie toute immoralité sexuelle, ou sexualité illicite. 

  • La littérature grecque utilise ce terme pour décrire une union avec une prostituée.
  • Il englobe l'adultère. (Matthieu 5/ 32)
  • Il inclut une sexualité en dehors du mariage. (Hébreux 13/ 4)
  • Il signifie un inceste. (1 Corinthiens 5/ 1)
  • Il est utilisé dans un sens spirituel pour décrire ceux dont la foi s'est prostituée avec la religion de l'ennemi de Dieu: l'Antéchrist. (Apocalypse 14/ 8 et 17/ 8)

Il y a porneia dès qu'une activité sexuelle a lieu en dehors du cadre du mariage. Seul, avant ou après le mariage, avec un autre que le conjoint. 

Les conséquences de toute immoralité sont sérieuses :

  • La sexualité est un indicateur de ceux qui vivent selon Christ. C'est le premier terme utilisé en Galates 5/ 19 pour décrire les « œuvres de la chair ».
  • Un comportement dont la sexualité est débridée montre un faux chrétien6 

Cela ne veut pas dire que les rapports sexuels soient mauvais. Dieu a créé la sexualité et tout ce que Dieu a créé est bon. Dans la mesure où les rapports sexuels ont lieu dans le cadre réservé et protégé du mariage, il n'y a aucun problème ou péché. A l'inverse, la débauche est un acte réprouvé par l’Ecriture. 

 

Maîtrisez votre corps et réprimez vos passions (cf.1 Thessaloniciens 4/ 4 à 5)

En étant chrétien, tu dois faire tout ton possible pour éviter de te mettre dans des situations dont tu ne serais plus maître et où tu irais à l’encontre de la volonté morale de Dieu (Romains 12/ 2).

  • Prendre la fuite. Tomber dans l'immoralité a lieu bien avant l'acte. Il y a enchaînement de négligences volontaires. Si tu es faible dans ce domaine, il est de ton devoir (et non celui de Dieu) de fuir devant cette situation7
  • Ne pas flirter. En tant que chrétien, le but du jeu n'est pas de vivre en frôlant le péché, mais en l'évitant avec largesse. 

 

Il y a 150 ans, un homme voulait embaucher un conducteur pour son carrosse. Pour déterminer la qualité des futurs pilotes, il a interviewé plusieurs candidats en posant la question suivante : « Si vous deviez rouler près d'un précipice, à quelle distance parviendriez-vous à vous approcher du bord ? » 

L'un d'eux dit pouvoir s'approcher à 1 m. Il fut éliminé. 

Un autre affirma pouvoir s'approcher à 50 cm. Il fut éliminé. 

Un troisième obtint le job. Il avait répondu : « Monsieur, je resterai le plus loin possible du bord du précipice. »

Le chrétien authentique conduit le carrosse de sa vie le plus loin possible du précipice du péché.

  • Ne pas se faire d'illusions. Il semble que dans la tête de beaucoup, l'immoralité revête une promesse de satisfaction. C'est faux ! Si la promesse est rose, la réalité est amère. 

Lorsque Dieu a donné sa loi pour la sexualité, Il a choisi un cadre beau, agréable, libérateur. Les autres cadres ne sont pas seulement illicites, ils forment aussi un piège. Pour en être convaincu lis 2 Samuel 13/ 1 à 15. Quelle triste histoire d'amour ! Aimer, ce n'est pas coucher avec quelqu'un. C'est souhaiter son bien et tout le bien que Dieu voudrait pour cette personne. 

  • Prier pour ne pas céder. Dans la prière modèle que Christ donne, le Notre Père, deux requêtes concernent la guerre contre le péché : « Ne nous laisse pas entrer dans la tentation, mais délivre-nous du Malin. » (Mat. 6/ 13) Ne sois jamais gênée de prier pour toi-même, pour tes amis, dans ce sens-là. 
  • Se nourrir de Christ. « C'est du cœur que viennent les mauvaises pensées, meurtres, adultères, prostitutions… » (Matthieu 5/ 19)  Si c'est du cœur, alors prends soin de ton cœur. Surtout de l'alimentation que tu lui accordes. Imprègne-toi de la Parole de Dieu (la Bible) afin qu’elle transpire de tes pores8
  • En parler à d’autres. Si tu es pris au piège, ne reste pas silencieux. Je sais que c'est humiliant de dévoiler ce genre de choses. Mais crois-moi, il vaut mieux le dévoiler maintenant, que laisser le Seigneur le dévoiler plus tard, dans le contexte du jugement des chrétiens9

De plus, le fait de savoir que d’autres vivent les mêmes luttes que toi peut te rassurer et t' aider à être plus efficace. Homme à homme, femme à femme, dans la confidentialité, l'amour et le soutien mutuels, parle-j'en ! 

 

Agissez avec honnêteté envers les autres (cf.1 Thessaloniciens 4/ 6)

« …que personne n'use envers son frère de fraude et de cupidité ».

En d’autres termes n’abuse pas de ton prochain. Dieu connaît la moindre parcelle de tes pensées. Tu peux donc tricher avec les hommes mais pas avec Dieu. Or comme tu devras lui rendre des comptes. Il est préférable de revoir tes motivations et de les reconsidérer devant Dieu10

 

Le troisième indice pour trouver la volonté de Dieu :

 c’est de rechercher la sanctification 

 « Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification… »  1 Thessaloniciens 4/3  

 

En résumé, les trois premiers principes pour trouver la volonté de Dieu sont

  1. Sauvé : avoir accepté l'œuvre de Christ et vivre une foi authentique de disciple.
  2. Saint- Esprit : être rempli, gouverné par l'Esprit de Dieu.
  3. Sanctifié : rechercher et vivre une vie saine, sainte et équilibrée.

Ces trois points commencent tous par la lettre S. Cela t'aidera à les retenir…

 

 

 

Références bibliques :

  1. Genèse 2/ 7 veut dire : livre de la Genèse (dans la Bible) chapitre 2, verset 7. Pour ce dossier, toutes les références de citations bibliques seront notées ainsi.
  2. Psaume n° 5/ 4 ; Habakuk 1/ 13.
  3. Marc. 9/ 43 à 45.
  4. Apocalypse. 21/ 4.
  5. œuvre = bonne action.
  6. Ephésiens 5/ 5 et 1 Corinthiens 6/ 9.
  7. 1 Corinthiens 6/ 18 et 2 Timothée 2/ 22.
  8. Colossiens. 3/ 16 et Philippiens 4/ 8.
  9. 1 Corinthiens 3/ 12-15 et 2 Corinthiens 5/ 10.
  10. Colossiens 3/ 17 & 23 et 1 Corinthiens 10/ 31.

Volonté de Dieu (200)

 

La trinité et le sens de ma vie

Écrit par Jean-Pierre. Publié dans Livre

La relation, c’est la vie.

 

 

«La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »1

Connaître Dieu, voilà ce qui importe. Voilà ce qui donne son vrai sens à notre vie et nous ouvre la dimension de l’éternité. 

Nous émerveiller devant les perfections de la nature ou prendre garde aux intuitions de notre conscience, c’est un premier pas vers Dieu. Mais la connaissance de Dieu par excellence nous vient de sa parole.

Dans ses ultimes entretiens avec ses disciples, Jésus a prononcé des paroles qui nous font approcher l’intimité de Dieu :

 « Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l'Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi et vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement. »2

 « Jésus leur dit de nouveau : La paix soit avec vous ! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit : recevez le Saint-Esprit. »3 

 

Dans ces deux textes, trois acteurs divins sont présents ensemble : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. 

Trois personnes et pourtant un seul Dieu. Cette nature divine complexe a fait couler beaucoup d’encre tout au long de l’histoire de l’église. Dès les premiers siècles, les théologiens ont forgé le mot trinité (= tri-unité = trois en un) pour parler de ce mystère. Ce mot, qui n’est pas dans la Bible, permet de nommer le mystère mais certainement pas de l’expliquer. Les incrédules et les moqueurs s’achoppent à la contradiction 1+1+1=1. Quelle objection ridicule ! Le Dieu souverain, éternel et infini ne se laisse pas enfermer dans une misérable formule. Et si nous voulions vraiment une formule pourquoi ne pas l’écrire ∞+∞+∞ = ∞ ?

 

Qui sommes-nous, pauvres hommes, simples créatures, pour connaître les profondeurs de Dieu ? Notre intelligence ne peut y prétendre. Un des amis de Job s’exprimait ainsi : « Peux-tu découvrir les profondeurs de Dieu, ou découvrir ce qui touche à la perfection du Tout-Puissant ? »4  Ne perdons jamais de vue que « Dieu est au ciel et l’homme sur la terre »5 et qu’ « autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant les voies de Dieu sont élevées au-dessus de nos voies, et ses pensées au-dessus de nos pensées. »6 

 

Il y a quelque chose d’indécent à vouloir expliquer Dieu sur la base de raisonnements humains.

Par les Écritures, nous en savons assez sur Dieu, tant pour notre vie ici-bas que pour notre espérance éternelle. Nous en savons assez pour l’aimer, l’adorer et lui confier les destinées de nos vies. Il ne s’agit donc pas dans cet article d’ajouter quelque explication que ce soit à ce que nous révèle la Bible. Je veux simplement dire en quoi cette doctrine biblique de la trinité peut avoir des conséquences pratiques dans nos vies et dans l’église. 

 

L’harmonie des trois personnes divines assure la parfaite unicité de Dieu. Par ailleurs, leur interdépendance atteste combien le fait d’être en relation les uns avec les autres a d’importance, jusque dans le cœur de Dieu. Il en est de même pour l’homme créé à l’image de Dieu. Sa vie n’a de sens que dans le cadre d’une relation, d’une interdépendance. Voilà la première leçon de la trinité !

 

 

La relation humaine en trois dimensions.

A l’image de Dieu nous sommes faits pour entrer en relation avec autrui. C’est dans la relation que l’homme trouve le vrai sens de sa vie. Par expérience, nous pouvons constater que l’homme nourrit des relations de trois ordres, dans trois dimensions :

 

Une dimension verticale. L’homme y rencontre ses supérieurs, ses parents, ses maîtres, son patron. C’est la dimension de la soumission. Il y reçoit un cadre, des principes, des racines, des repères.

 

Une dimension horizontale. L’homme y rencontre ses prochains, ses égaux, ses semblables, ses amis, ses frères. C’est la dimension de la fraternité, du partage, de l’échange, de la solidarité, de la communication : on donne et on reçoit l’amour, le pardon, la parole, l’entraide...

 

Une dimension intérieure. L’homme va à la rencontre de lui-même, de son âme (à la manière de David dans certains psaumes.) Il ne s’agit nullement de se recroqueviller sur soi-même. Il ne s’agit pas de tourner en rond sur soi, autour de ses problèmes ou encore de fuir la réalité en se réfugiant dans l’imaginaire, la rêverie. Il s’agit plutôt de se parler à soi-même des vraies questions de la vie, d’échapper à la superficialité ambiante. C’est la dimension de la consistance, de l’authenticité, de la conviction.

 

Ces trois dimensions sont nécessaires à l’épanouissement de l’homme. Fréquemment, les idées philosophiques, les religions ou les systèmes politiques privilégient l’une de ces dimensions au détriment des autres.

• verticalité : judaïsme, islam, monarchie.

• horizontalité : humanisme, socialisme, démocratie.

• intériorité : vie contemplative, religions orientales.

 

 

Avec Dieu, la relation par excellence.

A propos de ces paroles tirées des derniers entretiens de Jésus avec ses disciples7, j’ai parlé de trois acteurs : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. En fait, il y en a un de plus. C’est l’homme. C’est moi, c’est toi, avec lequel Dieu veut entrer en relation. Et, précisément, Dieu se manifeste à nous dans les trois dimensions que j’ai évoquées : par le Père il est au-dessus de nous, par le Fils à côté de nous et par le Saint-Esprit au-dedans de nous. Voilà la deuxième leçon de la trinité :

 

 Dans une relation verticale, par le Père, Dieu révèle sa sainteté, sa justice, son autorité, sa souveraineté. Il nous donne son nom : « Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu ! Et nous le sommes. »8 Il nous intègre à sa famille. Il nous assure des racines, une généalogie (nous ne sommes pas là par hasard), un héritage (notre patrimoine : la santé, les facultés, les commodités matérielles, l’avenir et l’espérance), il nous inculque des principes, des valeurs (honnêteté, sens de l’effort, respect, pureté.) Il est notre source9 et notre destinée10. Il est notre créateur, notre soutien, notre modèle. Un père, un vrai père, ça compte dans la vie d’un homme !

 

Dans une relation horizontale, par le Fils, il démontre son amour, il s’incarne, il vient à nos côtés, il nous sauve (Jésus = l’Éternel sauve) et il nous parle. En un mot, le Fils est l’accomplissement de la grâce de Dieu. Jésus est venu parmi les hommes comme un frère, avec un corps, un cœur, des actes et des paroles d’homme. Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils11. Jésus-Christ est la parole de Dieu par excellence, la parole de vie, la véritable lumière qui éclaire tout homme.

 

Dans une dimension intérieure, par le Saint-Esprit, Il habite en nous, nous anime, nous convainc. Il rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu, par Lui nous reconnaissons en Dieu notre père. Il est la loi de Dieu inscrite dans nos cœurs selon la promesse donnée dans le livre de Jérémie au chapitre 31, le verset 33. Il nous transforme à son image. Il produit le fruit de la sanctification. Il forge en nous le caractère de l’homme de Dieu. David était un homme selon le cœur de Dieu12 : n’y a-t-il pas là un objectif enviable pour chacun de nous ? 

 

Le Saint-Esprit est appelé l’esprit de vérité, celui qui illumine mon intelligence pour que je comprenne Sa Parole, pour qu’elle devienne lumière sur mon sentier. Il me dit la vérité sur la vie, sur le monde, sur l’au-delà, sur moi-même, sur les choses qui comptent, qui ont du poids, qui méritent qu’on s’y attache.

 

Il est aussi le Consolateur, celui qui prend en charge les échecs, les frustrations, les injustices, les séparations, les persécutions, qui, inévitablement, jalonnent notre route. C’est face à l’épreuve que se confirme l’authenticité de la présence de Dieu en nous.

 

 

Et si ma relation avec Dieu est déséquilibrée... ? 

Il est important de veiller à l’équilibre et d’accueillir à égalité Père, Fils et Saint-Esprit. Bien des désordres dans la vie spirituelle des individus et des églises sont le résultat d’un déséquilibre dans leur relation avec Dieu. 

 

En accentuant l’exigence du Père, nous tombons dans un légalisme qui nous dessèche et nous paralyse. Nous devenons dur envers nous-même et envers les autres. Nous tentons de satisfaire aux commandements de Dieu à la force du poignet et perdons de vue son amour et sa grâce. Combien, voulant ainsi faire l’ange, ont finalement fait la bête !

 

Gardons-nous d’avoir une relation servile avec notre Père céleste, de le prendre pour un père fouettard !

 

En focalisant à l’excès sur le Fils, sur la fraternité, sur la volonté d’accepter l’autre, nous tombons dans l’humanisme et une tolérance sans discernement - toutes les opinions sont valables. La grâce de Dieu est telle que ‘nous irons tous au paradis’. Nous prenons nos distances avec le Père, nous soustrayons à l’autorité, oublions nos racines, abandonnons les valeurs, perdons tout discernement et tombons dans le laxisme et le désordre. C’est ainsi que l’esprit de mai 68 a engendré une génération rebelle, déracinée, matérialiste, étrangère à tout principe moral, ne reconnaissant ni Dieu, ni maître.

 

Enfin, à vouloir exagérer la relation avec le Saint Esprit, nous tombons dans l’illuminisme. Nous imaginons pouvoir court-circuiter la parole de Dieu et être directement inspiré par Dieu pour conduire notre vie et expérimenter des choses spectaculaires. Je le rappelle ici : le Saint-Esprit est un esprit de vérité. Faute de s’en tenir à la seule Écriture, le Saint-Esprit cède la place à un esprit de confusion, de fantaisie, voire de manipulation. Les croyants se croient édifiés et sont en réalité égarés.

 

 

À quatre pour viser le but...

Jésus n’a jamais revendiqué l’indépendance. Pourtant il en aurait eu les moyens, lui le Fils de Dieu. Bien au contraire, sa raison de vivre et de servir, il la trouvait dans sa relation avec le Père.

 

 Comme le Père m’a envoyé... Combien de fois durant son ministère terrestre Jésus s’est mis à l’écart, de nuit, sur la montagne, pour recevoir, dans le dialogue avec son Père,  le conseil et la force en vue de la tâche à accomplir. 

 

... moi aussi je vous envoie. Le vrai sens de notre vie, nous le trouvons dans le fait que le Fils nous envoie. Nous vivons dans une époque d’individualisme et d’égoïsme où seuls comptent mon profit, mon plaisir, mon épanouissement, ma liberté. Certes je nourris des relations. Mais je les trie sur le volet. Je choisis celles qui me conviennent. Il nous faut revenir à cette réalité : je ne roule pas pour moi-même. C’est Dieu qui m’envoie. C’est dans la relation équilibrée, dans la concertation permanente avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit que je serai en mesure d’atteindre le but de Dieu pour ma vie. Cultiver cette relation, c’est prendre le risque d’être contredit, de devoir se remettre en question, de devoir en souffrir. Le Seigneur lui-même a connu cela dans le jardin de Gethsémané, quelques heures avant le supplice de la croix. Serions-nous à ce point embarrassés par les choses de la vie, par notre confort, notre plaisir, nos biens que toute difficulté sur le chemin de l’obéissance à Dieu deviendrait inacceptable ? Que le Seigneur nous fasse à chacun la grâce de garder un oeil sain et un jugement avisé pour reconnaître ce qui a une valeur réelle et éternelle dans nos vies. Et qu’il nous accorde la grâce de faire le bon choix.

 

 

 

Références bibliques :

  1. Évangile de Jean chapitre 17, verset 3.
  2. Évangile de Jean chapitre 15, versets 26 et 27.
  3. Évangile de Jean, chapitre 20, versets 21 et 22.  
  4. Livre de Job, chapitre 11, verset 7.
  5. Livre de l’Ecclésiaste, chapitre 5, verset 2. Voir aussi Livre des Psaumes, chapitre 115, verset 3.
  6. Livre d’Esaïe, chapitre 55, verset 9.
  7. Évangile de Jean chapitre 15, versets 26 et 27 et chapitre 20, versets 21 et 22.
  8. 1ère lettre de Jean, chapitre 3, verset 1.
  9. Livre des Psaumes, chapitre 87, verset 7
  10. Livre des Psaumes, chapitre 31, verset 14
  11. Lettre aux Hébreux, chapitre 1, verset1
  12. 1er livre de Samuel, chapitre 13, verset 14

Thomas appelé Didyme

Écrit par Patrice & John. Publié dans Livre

"T'es comme Thomas: tu crois que ce que tu vois." Cette expression a rendu Thomas universellement célèbre. Certes, il y a du vrai, mais attention à la caricature. Mettre sur son dossier l'étiquette: "élément sujet au doute" serait un peu exagéré. Ce qui est sûr, c'est qu'il aimait profondément Jésus. Pour lui, la pire des épreuves serait d'en être séparé. Cette éventualité le poussait au pessimisme et au défaitisme. Cela se traduisait par préférer la mort, plutôt que la vie sans Jésus physiquement près de lui. Ce qu'il redoutait le plus est arrivé. Jésus fut crucifié, mort et mit dans un tombeau. Alors, il déprima. Il s'isola. Conséquence, il ne fut pas là au moment où Jésus prouva à ses amis, qu'il était ressuscité. Plus tard, Jésus-Christ le rencontra. Dans ce contact, Thomas capitula et reconnut en Jésus-Christ son Seigneur et son Dieu. Toi aussi redoutes-tu d'être séparé de Jésus-Christ ton sauveur? Alors, lis ce qui a été dit à Thomas et aux autres disciples: "Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde". Mt 28/ 20

 

Suis la trace de Thomas :

  • Jean 11.14-16
  • Jean 14.5
  • Jean 20.24-29

Le suicide

Écrit par gilles. Publié dans Livre

Jérémie avait 19 ans et demi. Intelligent mais un peu paresseux, il avait déjà raté son bac à deux reprises. Son père, agacé par son manque de travail, le reprend clairement : « Je te préviens, Jérémie ; tu es majeur, si tu n’as pas ton bac en juin, pas la peine de revenir chez nous ». Arrivent alors les résultats du bac, Jérémie part apparemment décontracté, mais ce n’est qu’une apparence. Il regarde les listes d’admission, n’y trouve pas son nom. Recalé, il ne reviendra plus jamais à la maison, décidant sauter d’un pont de chemin de fer. Malheureusement, il s’agissait d’une erreur de secrétariat : Jérémie avait réussi son bac… trop tard pour le lui apprendre. 

Quand tu lis une histoire pareille, ton sang ne fait qu’un tour. C’est horrible… quel gâchis… il s’est donné la mort (mais la mort peut-être elle vraiment un don ?!?) pour rien ! 

J’espère que tu ressens ce que j’ai ressenti la première fois que j’ai lu cette histoire. On aimerait croire que ce n’est pas vrai. On aimerait se révolter, crier à Jérémie : c’était une erreur, te fous pas en l’air ! Mais c’est trop tard. Trop bête. 

 

 

Trop bête !  

J’ai pris cette histoire comme exemple, parce qu’elle révèle atrocement l’absence de sens, de raison qu’avait Jérémie de se suicider : c’était une erreur. Mais ce sentiment d’injustice, de gâchis et de refus d’y croire devrait nous animer à chaque fois qu’on entend qu’une personne met fin à ses jours terrestres (parce que je te rappelle que la vie continue après la mort). 

 

Et il y en a, des occasions de se révolter, de ne pas accepter cette réalité. En Suisse, le suicide fait deux fois plus de victimes que les accidents de la route (4 personnes meurent en se suicidant chaque jour) ; c’est la première cause de mortalité chez les hommes âgés de 15 à 44 ans. En France, c’est aussi la 1ère cause de mortalité chez les 25-34 ans, et la seconde chez les 15-24 ans. Une personne se suicide toutes les 45 minutes (14000 suicides par année). En Suisse comme en France, une personne sur 10 a déjà commis une ou plusieurs tentatives de suicide, quel que soit le milieu d’où il vient.  

 

 

Qu’est-ce qui se passe ? 

Mais ce n’est pas possible ! Qu’est-ce qui se passe ?!? Comment se fait-il que, dans nos pays si riches, on soit si pauvres ? On arrive à changer les courbes de mortalité dues aux maladies cardio-vasculaires, au cancer ou aux accidents, et on est impuissant face au suicide ? Pourquoi ?!? 

 

Durkheim (c’est le père de la sociologie1, un mec passablement intelligent) disait que  « ce ne sont pas des individus qui se suicident, mais la société qui se suicide à travers certains de ses membres ». Toute une société qui se suicide ? Pourquoi ? « Parce que - répondait le même mec passablement intelligent - le malaise dont nous souffrons atteste, non pas une plus grande misère économique, mais une alarmante misère morale ». Dans cet article, on va tenter d’expliciter cette « alarmante misère morale », mais avant cela, permets-moi simplement de faire un petit détour par la Bible pour voir comment elle traite du suicide, et s’inspirer de son exemple. 

 

 

Qu’en dit la Bible ? 

Eh oui, la Bible parle du suicide !… et c’est peut-être la première leçon qu’elle nous donne. Pour Dieu, rien n’est secret. Pas de tabou. Dieu n’a pas peur de révéler ce qu’on aimerait garder caché. 

 

Quelqu’un se donne la mort, intentionnellement ? Eh bien on va le dire, même s’il s’agit du conseiller d’Etat très réputé de David (2 Sa 17.23), d’un des douze disciples (Mt 27.5)2, ou même du premier roi d’Israël (1 Sa 31.4)3 ! Imagine : ce n’est pas seulement un roi qui se suicide, mais le premier roi du peuple de Dieu, le roi grand, fort et beau qu’ils avaient choisi ! Le roi à qui Dieu avait donné son esprit. Ce roi-là se donne la mort ?!? Quelle terrible faillite ! Faisons tout pour que personne ne le sache ! 

 

Eh bien non ! On ne cache rien ! La Bible dévoile ce qui est vrai, sans tabou ni voyeurisme. Et c’est de cette manière aussi que j’aimerais qu’on puisse parler du suicide dans un journal chrétien : sans se voiler la face, mais sans trop en faire non plus. 

 

Donc, revenons à nos moutons : d’où vient cette « alarmante misère morale » qui fait se suicider tant de nos concitoyens ? Ou, pour poser la question autrement, comment se fait-il qu’il y ait tant de suicides dans notre société occidentale, et pratiquement aucun en Afrique ? Pour répondre à cette question, il nous faut différencier les causes du suicide (qui expliquent le pourquoi du suicide en général) et les facteurs, plus personnels, qui amènent un être humain à mettre fin à sa vie.

 

 

« Une alarmante misère morale », pourquoi ? 

Je te soumets l’idée que notre société est atteinte de la « maladie du lien » ! C’est grave, docteur ? Oui, assez. Laisse-moi te l’expliquer : un être humain qui se donne la mort rompt les liens qui le rattachaient aux vivants, c’est logique. Mais si ces liens sont malades, minces et fragiles, il sera d’autant plus aisé de les rompre ! De quels liens je parle ? De ceux qui nous lient avec Dieu, nos proches, notre futur. L’être humain, s’il ne veut pas sombrer, doit être bien amarré à trois piliers. Qu’en est-il dans notre société ? 

 

 

Premier amarrage : la relation avec ton Dieu 

Un des premiers trucs que l’on apprend quand on lit la Bible, c’est que l’homme n’est pas Dieu ! L’homme est une créature, et s’il est créature, il est dépendant (qu’il en soit conscient ou non !). Dieu a fait l’homme à son image, comme son reflet. Cette image n’a donc de raison de vivre, de valeur et de sens à sa vie que si elle est en relation avec l’Être qu’elle est sensée représenter. L’image que je vois dans mon miroir le matin (et Dieu sait si elle est belle !!!), n’a de sens que parce qu’elle me reflète, que parce que j’existe. Pour l’être humain, c’est un peu pareil : il a été créé pour être l’image de son Créateur, pour représenter Dieu, pour lui ressembler. Sans ce lien avec Dieu, impossible à l’homme de trouver sa valeur ou sa raison de vivre. 

 

Le sens de ta vie (et c’est de ce sens que va dépendre ta valeur), ne se trouve qu’en lien avec Dieu, le Dieu créateur, le Dieu biblique, unique. Sans ce lien, l’être humain est en perdition :

  • dans ce monde présent (sur le plan moral et personnel)
  • pour le monde à venir (sur le plan spirituel). 

Tu t’es déjà perdu, je veux dire, vraiment perdu ? Moi, oui, en montagne, en plein brouillard. Comment on se sent, dans ce cas ? Très angoissé, toujours plus anxieux à mesure que le temps avance, et en total manque de confiance en nos sens (orientation, équilibre, …). 

 

Cette angoisse profonde, cette crise de confiance, j’ai la triste impression que c’est ce que ressentent beaucoup de nos contemporains. Alors, vides de cette place que Dieu voudrait remplir dans leur vie, nos concitoyens essaient de faire le plein en se gavant d’expériences, de loisirs, de bonheur éphémère (sexe, drogue, alcool, films pornos,…) en espérant trouver le bonheur et le sens de leur vie. 

 

Visiblement, ce n’est pas le bon plan. La preuve ? Si cela conduisait au bonheur, ça se verrait sur les chiffres qui évoquent le suicide. Or, le monde n’a jamais connu une société qui avait tant de loisirs, de jeux, de divertissement, de permissivité sexuelle, et en même temps, autant de suicides. 

 

 

Second amarrage : la relation avec tes proches 

Le second amarrage qui relie l’être humain au monde des vivants, c’est la relation avec ses proches. Ce sont eux qui portent le regard le plus décisif sur l’importance de notre existence. Dieu nous donne de la valeur, mais ce sont nos proches qui sont sensés nous la faire ressentir. Or, comme tu le sais, on vit dans un monde où les liens avec les autres se sont grandement fragilisés. 

 

Au Moyen Age, un jeune homme ou une jeune femme était entouré de liens avec tout son village : on avait conscience d’appartenir à un groupe. Ensuite, et surtout à partir du 18ème siècle, alors que la population commence à être de plus en plus nombreuse dans les villes, c’est la famille qui devient le centre des relations affectives. Et maintenant, depuis que la famille a littéralement explosé, l’individu est seul au milieu de ses semblables. 

 

Et il arrive parfois que certaines personnes se sentent seules à tel point qu’elles imaginent que si elles mettaient fin à leur vie, cela ne changerait rien pour personne. Et le plus triste, c’est que parfois c’est vrai. Mais « au secours » ! 

 

Tu me diras : « attends, Gilles ! Beaucoup de personnes se sentent seules, et pourtant, elles ne se suicident pas ! » C’est vrai, et heureusement ! Je ne suis pas en train de dire que la solitude est la cause de tous les suicides ; simplement je rappelle que si tu as un ami dont le premier amarrage avec Dieu est coupé, et que son second amarrage de sa vie, sa relation avec ses proches, est de plus en plus mince, alors il se peut qu’au prochain gros coup de vent sur sa vie, il ne sache pas très bien à quoi se raccrocher et ait l’impression qu’avec ou sans lui, personne n’y prendra garde. Sa décision dépendra alors du futur qu’il projette d’avoir. 

 

 

Troisième amarrage : la relation avec ton futur 

Et nous voilà donc à notre dernier amarrage : le lien qui me lie avec mon futur. C’est évident, le prix que j’attache à mon existence dépend aussi du futur que je parviens à m’imaginer. A moins que survienne un événement terrible (maladie, divorce, abus…) j’imagine difficilement quelqu’un mettre fin à sa vie alors que s’ouvre à lui un avenir prometteur. Par contre, si l’espérance pour un avenir meilleur fait totalement défaut, alors, souvent, des jeunes et des moins jeunes décident d’en finir avec cette vie terrestre.  

 

Ce n’est pas qu’ils aimeraient mourir, non. Mais ils aimeraient vivre autrement. Seulement, ça semble tellement impossible qu’ils se sentent impuissants devant la réalité qui s’inscrit devant eux. Dans cette situation, certains ont moins peur de la mort que de la vie, d’autant plus qu’on n’arrête pas de leur dire qu’il n’y a rien après cette mort, pas de Dieu, pas de juge, pas de continuité. Pourquoi on aurait peur ?!? 

 

Ce schéma décrit un peu la situation de l’homme de notre société, esseulé, sans liens pour le rattacher à la vie. On ne peut pas voir ça sans que ça nous fasse froid dans le dos. Il faut faire quelque chose ! 

 

 

Petite conclusion 

Il faut faire quelque chose ! Mais quoi ?!? On a parlé d’une société malade des liens qui rattachent l’être humain à la vie pour expliquer pourquoi le suicide est tellement présent dans notre civilisation. La prochaine fois, on verra les facteurs qui peuvent amener telle ou telle personne à faire ce choix. Mais je te propose que d’ici le prochain numéro, tu songes à ce qu’on peut faire en tant que chrétien, en tant que groupe de jeunes ou en tant qu’église pour empêcher des personnes comme Jérémie de mettre un terme à leur vie.

 

 

 

Références  :

  1. A ne pas confondre avec la scientologie
  2. Les disciples n’en reviennent tellement pas que ce soit Judas qui ait trahi Jésus qu’ils rappellent à chaque fois que Judas, c’était « l’un des douze » !!!
  3. Entre parenthèses, quand on sait les tortures que l’on faisait subir aux rois faits prisonniers durant une bataille, on peut comprendre que Saül, face à la défaite assurée, ait voulu se tuer lui-même pour éviter une fin plus atroce encore.

Suicide

Écrit par Fred . Publié dans Livre

Voici la  question d’une lectrice de Ta Jeunesse que tu t’es peut-être comme elle (ou moi) déjà posée :

« Cher Frédéric,

J’écris aujourd’hui non pas pour répondre à tes questions, mais pour te demander une réponse à la mienne. Le suicide est-il un péché ? J’ai entendu dire une fois que si on se suicide, on est privé de la grâce de Dieu et on ne peut pas aller au Ciel. Est-ce que c’est vrai, et si oui, dans quel passage de la Bible est-ce écrit ? […]

Lydie »

 

 

Chère Lydie,

Il n’existe pas de verset qui dise que, si quelqu’un se suicide, il est privé de la grâce de Dieu et rien ni personne ne peut empêcher d’aller au ciel quiconque a sincèrement accepté Jésus-Christ comme son Sauveur personnel, car dés lors, le salut lui est acquis définitivement même s’il commet un acte aussi extrême.

 

Beaucoup de versets de la Bible précisent tout ça, notamment ÉPHÉSIENS 2 : 8-9 qui dit « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. »

 

Bien sûr, nos actes ont de l’importance pour Dieu, c’est notamment en fonction de ce que nous faisons dans notre vie chrétienne que nous recevrons la récompense promise par Dieu. Mais pour ce qui est du salut (de la résurrection et de la vie éternelle) c’est Dieu qui nous l’offre gratuitement lorsque nous acceptons le sacrifice de Jésus-Christ pour nos péchés.

 

Certains mouvements (ou religions) pensent, à tort, qu’on est sauvé en fonction de ses actes (ce n’est pas ce que dit la Bible, entre autre dans le verset cité ci-dessus). Dans ce cas, ces personnes pensent que le suicide est un acte qui, par son importance et sa place finale dans la vie, gâcherait toutes bonnes œuvres, rendrait négative l’addition d’une vie, et condamnerait à l’enfer. Tout ceci est faux !

 

Pour autant, Dieu ne peut souhaiter le suicide à personne. Lorsque que quelqu’un est devenu chrétien c’est Jésus-Christ qui doit diriger sa vie depuis sa conversion jusqu’à sa mort et, bien entendu, c’est Lui qui décide quand et comment il doit mourir pour aller le rejoindre en attendant d’être ressuscité.

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