La tentation

Écrit par Jonathan Hanley. Publié dans Fondements

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Même elle !

Un jour, quand j’avais 16 ou 17 ans, la femme de mon pasteur a parlé d’un mensonge qu’elle avait dit. Je la considérais comme une chrétienne presque parfaite. Alors, j’étais surpris. Elle voulait faire réparer son appareil photo et l’avait apporté chez un photographe, ami de l’église, pour un devis. Il lui avait demandé : « C’est bien chez moi que vous avez acheté cet appareil ? » Or, elle l’avait acheté au supermarché (moins cher). Mais elle a succombé à la tentation du mensonge, en un clin d’œil, et lui a répondu : « Oui, c’est ça. Chez vous. » Quelque temps plus tard, elle est retournée chez lui pour s’excuser. 

 

La tentation ne disparait pas avec la maturité spirituelle

Trente ans après cet événement, je reste marqué par une chose : même les chrétiens les plus solides sont tentés et succombent parfois. Mais cette femme, malgré son mensonge, m’a durablement impressionné. Pourquoi ? Parce qu’elle a su admettre sa faute et demander pardon. J’ai appris que la tentation ne disparaît pas, même après des années de vie chrétienne. Je n’écris pas cet article comme quelqu’un qui a tout réglé, mais en tant que chrétien qui, comme toi, doit rester vigilant pour ne pas laisser la tentation me surprendre.  Quand la tentation me surprend, je sais que certaines mesures s’imposent.

Pourquoi la tentation est-elle si forte ? En réfléchissant à la tentation, j’ai trouvé utile de comprendre d’où elle vient, à quoi ressemblent les tentations principales et, surtout, comment y résister. 

 

D’où vient la tentation ?

La tentation a trois sources principales : le diable, le monde et notre cœur !

1. Le diable

Il est appelé plusieurs fois « le tentateur » dans la Bible1. On l’a vu à l’œuvre lorsqu’il tente  Adam et Ève et réussit à les séduire. On l’a vu tenter Jésus au désert2, mais là, il a échoué. Jésus est « le second Adam »3, alors sa victoire sur le tentateur est comme une annonce de la guérison de la chute d’Adam et Ève.

En fait, ce qui intéresse surtout le diable, c’est de te faire croire que tu sais mieux que Dieu ce qui est bon pour toi. Penses-y : chaque fois que tu as succombé à la tentation, c’était parce que tu croyais que ce serait avantageux pour toi, n’est-ce pas ? (Plus de plaisir, plus commode, plus épanouissant.) Mais le diable ne peut pas être partout, alors il dépend de deux autres sources de tentation : le monde et les tendances de notre cœur.

 

2. Le monde déchu

Nous sommes entourés d’idées et d’images qui fonctionnent comme des appels à désirer, à prendre et à faire. Les publicitaires le savent bien (Parce que je le vaux bien, Just do it !), mais si leurs slogans ont de l’effet, c’est pour la raison suivante : nous vivons dans une société de consommation qui croit que l’être humain n’a plus de comptes à rendre à Dieu. C’est ce que l’apôtre Paul appelle « les principes du monde » : « Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie selon la tradition des hommes, selon les principes élémentaires du monde. »4

 

3. Notre cœur

La tentation du monde, extérieure à nous, a une alliée à l’intérieur, dans notre cœur : ce que la Bible appelle la chairet qui correspond à notre convoitise : « chacun est tenté, parce que sa propre convoitise l’attire et le séduit. »5 Même si le diable a été le premier à utiliser la tentation pour faire pécher l’être humain, il n’a plus grand-chose à faire pour nous garder dans le péché : il se repose sur notre convoitise intérieure, qui nous pousse à chercher en priorité notre propre avantage, notre satisfaction, notre plaisir et notre réputation.

 

Posséder

La plupart des tentations se résument à deux grands désirs profondément ancrés en nous : 

• posséder les choses (l’argent et la réussite)

• posséder les gens (le pouvoir et le sexe). 

Ces catégories sont bien entendu liées. À l’adolescence, quand j’étais tenté de mentir à mes parents sur mes notes scolaires, c’était parce que la vérité aurait eu pour conséquence de me clouer à la maison, à travailler mes cours plutôt que de sortir avec mes amis. 

Mais nous sommes aussi tentés d’être méchants. Les remarques de mépris et de moquerie servent souvent à jouer un petit jeu de pouvoir dans les groupes d’amis au collège ou au lycée. À l’âge adulte, les mêmes jeux se jouent, mais de manière plus sournoise. Rabaisser l’autre donne aux faibles l’impression d’être plus forts. C’est une tentation à laquelle de nombreuses personnes succombent, même parmi les chrétiens.

Parfois, nous accordons tellement d’importance au fait de résister aux grandes tentations (les fantasmes sexuels ou la pornographie, par exemple) que nous considérons les petites tentations comme anodines et y succombons sans trop de remords (tricher dans un devoir ou trouver une fausse excuse pour expliquer un retard).

Dans mes luttes contre la tentation, j’ai puisé beaucoup de force dans un verset de la Bible qui nous apprend que Jésus lui-même a été tenté : « comme nous, iI a été tenté en toutes choses, mais Lui n’a pas péché. »6 Note bien l’expression « en toutes choses » ! Toutes les tentations que je viens de mentionner, Jésus les a subies. Tu ne rencontreras aucune tentation que Jésus n’ait pas déjà rencontrée, d’une manière ou d’une autre. Et Il les a toutes surmontées ! Comment a-t-Il fait ?

 

Résister 

Bien sûr, tu vas me dire que Jésus avait des ressources, pour résister à la tentation, que nous n’avons pas. Après tout, Il était Dieu ! Mais justement, parce qu’Il était Dieu, Il savait certaines choses à propos de la tentation que nous pouvons savoir aussi. D’abord, Jésus résistait à la tentation de commettre le péché parce qu’Il savait vraiment ce qu’était le péché. La plupart du temps, lorsque nous succombons à la tentation, c’est que nous n’avons pas compris à quel point le péché est grave. Nous oublions facilement que le péché est une pourriture qui nous gâche le plus beau de la vie : Dieu nous a faits pour une relation extraordinaire avec Lui. Or, le péché (que nous faisons et que nous subissons) a cassé et sali cette relation. Mais le pire, c’est que le péché fait mal à quelqu’un qui nous aime éperdument. Et c’est la deuxième raison pour laquelle Jésus résistait à la tentation : Il savait que rien au monde – aucun plaisir, aucun pouvoir, aucune facilité – ne pouvait remplacer une relation parfaite avec son Père. La pire conséquence du péché n’est pas qu’il nous complique les relations humaines et qu’il nous pourrit la vie. Non, la pire conséquence du péché est qu’il nous sépare de celui qui nous a créés et qui nous aime plus que quiconque.

Il me semble que cette dernière conséquence du péché est celle qui me donne le plus de résolution à résister à la tentation. Je suis amoureux de ma femme. Et même s’il m’arrive de lui faire de la peine, je ne pense jamais avoir agi en sachant que ça lui faisait de la peine. Parce que je l’aime et qu’elle m’aime.  C’est pareil avec Jésus : succomber à la tentation, c’est comme si je lui « balançais mon poing dans la figure ». Il est mort à la croix pour me libérer du péché. Alors quand je succombe à la tentation, c’est une façon de dénigrer sa mort pour moi et son amour. Ça, c’est une puissante motivation pour résister à la tentation !

 

Mais je ne peux pas terminer cet article sans parler du pardon. Et si c’est trop tard ? Si j’ai déjà attristé Jésus ? Si je Lui ai déjà « balancé mon poing dans la figure », pour ainsi dire ? Eh bien, c’est là qu’intervient la grâce de Dieu, qui me pardonne même quand je ne le mérite pas. Concrètement, c’est important de ne pas tomber.  Mais quand on est tombé, c’est important de se relever ! 

 

1 1 Thessaloniciens 3.5, par exemple.

2 Matthieu 4 – 3 1 Corinthiens 15.47

4 Colossiens 2.8 – 5 Jacques 1.14

6 Hébreux 4.15 (traduction Parole de Vie)

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