Que la Bible

Écrit par Jean-Jacques Riou. Publié dans Fondements

Que La BIBLE

La Bible est la Parole de Dieu, elle est la seule référence pour ma foi et ma vie !

 

Une ascension foudroyée

Martin Luther naît en 1483 en Allemagne. Son père, mineur de profession, travaille durement et désire que son fils « réussisse mieux que lui ». Il l’envoie faire des études à l’université d’Erfurt, en Allemagne.

Luther est un étudiant brillant, qui devient très vite docteur en philosophie. Sa voie est toute tracée. Mais cette même année, alors qu’il rentre chez lui par un temps d’orage, Luther est terrorisé par la foudre qui tombe juste à côté de lui ; il jure que s’il s’en sort vivant, il se fera moine…

Quelques jours plus tard, il entre au couvent et devient prêtre.

Il poursuit ses études en théologie et obtient un nouveau doctorat. Par la suite, il enseigne notamment les Psaumes et les épîtres de Paul aux Galates et aux Romains.

« Si je survis, je me ferai moine »

 

Le docteur a peur de mourir

Luther a encore peur : peur de mourir et de se tenir devant Dieu pour être jugé. En devenant prêtre, il imaginait que cette peur disparaîtrait, que sa conscience serait apaisée, qu’il se sentirait plus légitime devant Dieu et que le jugement ne serait plus une menace pour lui. Mais son nouveau statut n’a rien changé, si ce n’est augmenter son angoisse. Il prie, jeûne, se confesse jusqu’à l’épuisement de ses confesseurs ! Ses efforts ne le rendent que plus conscient de son péché et du jugement qu’il mérite.

 

Introspection accusatrice

Plus il regarde au fond de lui, moins ce qu’il voit lui plaît…

Désespéré, Luther comprend qu’il ne pourra jamais plaire à Dieu, qu’il voit bientôt comme un tyran, un dieu sans amour, exigeant une perfection impossible à atteindre…

 

Délivré par la justice

En se plongeant dans la Bible, il est arrêté par cette courte phrase de l’épître de Paul aux Romains (chapitre 1, verset 17) : « le juste vivra par la foi ».

« Le juste vivra par la foi »

En étudiant la Parole, il comprend que, dans ce verset, il n’est pas question de sa propre justice, mais de celle qu’il reçoit de Christ. Il découvre ainsi que seule l’Écriture est utile pour enseigner à propos du Salut (1 Timothée chapitre 3, versets 16-17). Il s’y plonge avec d’autant plus d’ardeur.

 

Pendant ce temps, au Vatican

En 1515, le pape Léon X renouvelle l’indulgence plénière que son prédécesseur Jules II avait promulguée pour financer la reconstruction de la Basilique Saint-Pierre de Rome…

 

Remise de peine payante

Ces indulgences s’appuient sur une doctrine affirmant que pécher a pour conséquences :

  • La privation de la communion avec Dieu : l’enfer, la privation de la vie éternelle avec Dieu. Cette peine s’appliquerait pour les péchés considérés comme les plus “graves”.
  • La nécessité d’être purifié, car tout péché rend impur. Cette purification concernerait les péchés “moins graves”, et pouvait être effectuée soit :
    • pendant la vie sur terre
    • après la mort, dans ce qui est appelé “le purgatoire”. Le principe : pendant un temps qui dépend de la quantité de péchés dont il faut se purifier, l’âme connaît une peine temporelle au sein du purgatoire.

L’indulgence permettait de payer pour restreindre, voire éviter, le temps à passer dans le purgatoire pour être purifié de son péché commis sur terre.C’était l’église catholique qui décidait de la valeur des indulgences, selon son bon vouloir.

 

La Basilique renaît de ses cendres (enfin, celles des fidèles)

La reconstruction de la Basilique Saint Pierre, qui tombait en ruine depuis les années 1300, était un projet que de nombreux papes souhaitaient concrétiser. Ils se sont succédé, le projet a évolué, mais sans qu’une reconstruction soit réellement initiée…

En 1515, le pape Léon X s’y attèle en ayant recours aux indulgences. Il les vend en échange d’une remise totale de la peine au purgatoire. L’argent ainsi récolté est employé pour financer la reconstruction de la Basilique.

Il envoie ses représentants dans toute l’Europe. En Allemagne, c’est le dominicain Tetzel qui est chargé d’une campagne de vente d’indulgences.

« Dès que l’argent tombe dans le tronc, une âme sort du purgatoire. »

 

Marketing bien rôdé

Le style est un peu racoleur ; « dès que l’argent tombe dans le tronc, une âme sort du purgatoire »… Mais ça marche du tonnerre ! On fait la queue pour acheter des indulgences : pour soi, pour son père, sa mère, ou son frère !

Tetzel continue : « plus d’âmes sortent du purgatoire par ces indulgences que Pierre (l’apôtre) n’en a sauvé par sa prédication ! »

Il parcourt l’Allemagne, et sa campagne fait du bruit, tant de bruit, qu’en 1517, elle parvient aux oreilles de Martin Luther qui, assidûment, étudie et enseigne la Parole de Dieu.

 

Escroquerie démasquée en 95 points

Luther, furieux devant l’escroquerie que constituent les indulgences, rédige 95 thèses qui opposent la Bible à la marchandisation du salut par l’Église. Le 31 octobre 1517, il les placarde sur la porte de la chapelle du château de Wittenberg, comme une invitation au débat public sur le sujet. C’est la naissance de la Réforme.

 

Pas besoin d’avocat ni de Code Civil. La Bible suffit.

Son combat le mène à toujours plus se plonger dans les Écritures pour y découvrir que la Bible se suffit à elle-même, qu’elle est parfaite et suffisante pour conduire au salut et vivre en temps qu’enfant de Dieu. Elle est le moyen choisi par Dieu pour parler aux Hommes.

 

La Bible suffit pour tout le peuple

Il traduit la Bible en Allemand – elle qui n’était alors disponible qu’en latin, une langue morte non comprise par le peuple – et rédige sa compréhension de la doctrine, tout en proclamant « Qu’est-ce que Luther ? La doctrine n’est pas de moi ».

 

La Bible suffit devant l’empereur et le pape

En 1521, Luther, accusé d’hérésie, est excommunié. Quelques mois plus tard, il est convoqué par les princes allemands pour être mis au ban, c’est-à-dire privé de tous ses droits, et livré à la foule : chacun peut s’en prendre à lui sans aucune retenue.

Charles Quint lui demande une dernière foi d’abjurer de sa foi.

Il répond : « À moins qu'on ne me convainque de mon erreur par des attestations de l'Écriture ou par des raisons évidentes — car je ne crois ni au pape ni aux conciles seuls, puisqu'il est évident qu'ils se sont souvent trompés et contredits — je suis lié par les textes de l'Écriture que j'ai cités, et ma conscience est captive de la Parole de Dieu ; je ne peux ni ne veux me rétracter en rien, car il n'est ni sûr, ni honnête d'agir contre sa propre conscience. Me voici donc en ce jour. Je ne puis faire autrement. Que Dieu me vienne en aide »

« Je suis lié par les textes de l'Écriture que j'ai cités, et ma conscience est captive de la Parole de Dieu »

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